Body body-oh

Teuhab, nu, par @mikemike.jpeg

Je me considère comme homme cis meaning je me sens garçon dans le corps d’un garçon, genre assigné à ma naissance parce que j’ai un pénis. Je m’y sens plutôt bien dans ce corps mais, ça n’a pas été toujours le cas.

D’aussi loin que je m’en souvienne, j’ai toujours été en surpoids. Gènes, malbouffe ou masse squelettique trop importante, choisissez la raison. J’ai dû donc dompter ce corps pour essayer d’être comme les autres. Vous savez, ceux qui n’ont aucune difficulté à montrer leur corps, que ce soit à la plage, sur les réseaux sociaux ou simplement devant leur famille ou leurs amis.

Sur le chemin de l’acceptation, des erreurs. Des pseudos régimes épuisants, du sport à contre-coeur, de la frustration. Ces mauvais pas ont permis de comprendre que je ne pourrais pas être mince, avec des abdos et muscles saillants. Alors pourquoi pas en ajouter plutôt qu’en enlever ? Modifier son corps, ce n’est pas que des régimes ou du sport.

Piercings et tatouages sont aujourd’hui ma façon d’aimer de plus en plus mon corps. De le décorer à ma guise dans une douleur qui me plaît, qui stimule ma créativité et mon envie d’être. Ne vous méprenez pas, l’acceptation de son corps reste un combat au quotidien. Il m’arrive encore aujourd’hui de me regarder dans le miroir et de ne pas aimer ce que je vois. Et la raison principale ? Well…

La pression sociale. Elle reste toujours présente et surtout dans la « communauté » LGBT. Aimer les gros n’est pas la norme. Bear, cub, chubby, des catégories qui semblent importantes à cette communauté. Etant poilu et gros, je matche la catégorie Bear. Pourtant, je ne m’y sens pas à ma place. Oui, j’utilise ce # sur Tumblr pour qu’on like ou reblogue la chose mais je préfère être une sorcière pédé qu’un bear. Après réflexion, j’ai compris ce qui me déplaît tant avec ces étiquettes : l’impression d’être juste un fétish, un bout de viande qu’on baiserait bien parce que je suis fat. Mon corps est certes gros mais je ne me définis pas par ce dernier. Alors on fait quoi maintenant ? Apparemment, on reste dans son canapé, en regardant une série en attendant qu’un mec daigne voir plus loin que mon joli bidon et mes grosses cuisses velues.



4 thoughts on “Body body-oh”

  • Poignant. Poignant parce que j’ai fait la même chose, j’ai ressenti la même chose. J’ai essayé de m’accepter à travers une catégorie qui au début me faisait me sentir fière, forte, « fat babe » mais qui m’a ensuite faite me sentir objectivée. Un qualificatif de porno, sans creuse ce qu’il y a derrière.

  • Merci <3 J'ai encore du mal aujourd'hui avec l'image que je renvoie, trop maigre à un moment, trop de poids ensuite, et du mal à perdre ce que j'ai sur les hanches. Mais il n'est qu'une question de temps et de travail sur soi pour accepter au final de ne pas être ce morceau de viande pour les autres, mais être soi et être bien. Un combat loin d'être fini certes, mais un combat déhà engagé qu'on refuse de perdre.

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