Eat my books #1 : Les Sorcières de la République

Les Sorcières de la République, de Chloé Delaume, Editions du Seuil, Collection Fiction & Cie

Les Sorcières de la République, de Chloé Delaume, Editions du Seuil, Collection Fiction & Cie

Quand j’avais lu Le Cri du sablier il y a quelques années, Chloé m’était déjà apparue comme une sorcière (au sens Starhawk du terme), une fille qui avait l’air chouette parce qu’elle se servait des mots comme d’incantations vraiment efficaces, et j’avais super super envie de lui payer un chocolat pour la remercier de tout ça tu vois ?

Si t’as pas lu Le Cri du Sablier, fais-le. Il fait partie de mon top cinq des livres que je préfère dans la vie. Juré-craché.

Les Sorcières de la République, ovni plus que réussi selon moi de l’autrice, est une fiction qui te fera, je pense, beaucoup beaucoup rire. Rire c’est bien, mais tu pourras aussi en sortir plus intelligent-e parce que Chloé te fait quand même pas mal de cours sur la mythologie, qu’elle décortique avec beaucoup de psychologie. Je sais ça fait beaucoup de mots en -ie mais c’est pas du tout important, vraiment.

Les Sorcières de la République raconte comment en 2062, Sybille, prophétesse du Parti du Cercle est entendue lors de son Jugement (une inquisition façon new generation). Sybille est la porte-parole d’un groupe féministe qui a pris le pouvoir de 2017 à 2020 suite au mandat de François Hollande. 2020 bicause on se rend compte qu’en fait il y a des choses qu’on ne maîtrise pas tout le temps.

Par contre Chloé maîtrise plus que parfaitement les exercices de style, passe du théâtre à la poésie le temps de claquer des doigts, parsème son récit d’idées féministes, mêlant aussi déesses grecques, droits LGBTQI+ et culture populaire et parraine chaque chapitre de grands noms qui donnent le ton (Huxley, Duras, Buffy Summers, Roland Barthes).

Dans cette France de 2062, dont certaines régions ont été achetées par des grandes corporations, on trouve ça dingue, on jubile à la lecture du Nouveau Testament émasculé, de la relation virtuelle entre Artémis et le coming-out de Jésus Christ, fils de.

Oh et puis à propos de Barthes en fait on se rend compte que ce livre pourrait se ranger dans sa bibliothèque juste à côté de La 7e fonction du langage de Laurent Binet. Et puis comme elle fait un clin d’oeil à Simon Herzog et son moignon, on trouverait ça encore plus légitime (faut que t’aies lu le Binet sinon tu peux pas comprendre, krkrkr).

Voilà, moi, j’attends toujours de me sortir les doigts du cul pour lui payer un chocolat. De sortir de mon cocon de timidité, d’apprendre à encore m’écraser en tant que garçon et tout et tout.

Pour ma part, ce sera :

Liberté, Parité, Sororité 
Likez, partagez, multipliez !

See you next time !
Lou



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