EAT MY BOOKS #6 : Sciences de la vie

Sciences de la vie, de Joy Sorman, Editions du Seuil, Collection Cadre Rouge

Un jour, y’a 3 ans, Joy m’a raconté une histoire sur un ours et sa peau et ça m’avait tellement renversé que je m’étais dit que j’allais lire tous ses livres dans la vie.

Bon. Tu vois, j’ai pas trop tenu mes promesses :/

Mais c’est parce que je suis souvent emporté par mille livres à la fois aussi ! et aussi parce que tu vois y’a…

… KANTOUTAKOU ! j’ai appris qu’elle en sortirait un nouveau à la rentrée alors dès que j’ai pu l’avoir je me suis précipité dessus. Pour m’excuser. Aussitôt eu, aussitôt lu mon vieux.

J’aime bien Joy parce qu’elle complète des tableaux littéraires de ses soeurs de mots, tu penses à Carole Martinez, tu penses à Valentine Goby ou encore à Chloé Delaume et puis certainement à plein d’autres meufs trop biens qui s’écoutent pas écrire, que j’ai jamais lu parce que j’ai commencé à lire un peu tard et tout.

Enfin bref, tu penses à toutes ces autrices qui écrivent sur l’importance du corps parce que ça semble plus intéressant dans la vie que des romans écrits par des garçons français qui essayent de justifier et de rendre intéressant le fait de pouvoir se taper une nana qui a 20 ans de moins et d’essayer d’y trouver une vertu artistique là dedans. Nique.

T’auras compris que je préfère quand même les histoires que racontent Joy & co. Et quand je vois la gueule de ma bibliothèque je me dis que décidément ça fait longtemps qu’un auteur français a réussi à remplir un bout d’étagère. (Claro bouge toi le cul !)

Anyways. Je crois que les super héros Marvel inspirent plus qu’on pourrait le croire. Je crois que les mutants, les freaks, qu’on pouvait trouver dans les fêtes foraines continuent de fasciner, et Joy de manière perverse, continue d’alimenter nos fantasmes sur tout ce qui nous sort de notre quotidien, avide d’histoires de parias malgré eux.

Elle raconte Ninon, qui comme une sorcière, hérite des pouvoirs des femmes de son arbre généalogique. Tu comprendras vite qu’on remplacera “pouvoirs” par le mot “maladie héréditaire”, que ça peut vite devenir anxiogène pour les lecteurs autant que pour Ninon et que t’as pas intérêt à souffrir d’hypocondrie si tu veux te lancer dans ce roman là.

Ninon, a l’instar de sa mère qui voit le monde en noir et blanc, ressent des brûlures sur les bras sans que ça laisse de traces, sans que ce soit psychologique. C’est un dysfonctionnement de la peau. Point.

Et c’est fou ce que la perception qu’on a de la peau évolue quand tu lis l’histoire de Ninon. Parce qu’en vrai ta peau tu t’en balances dans ta vie de tous les jours, elle t’accompagne mais t’en as un peu rien à foutre qu’elle soit le réceptacle de bien des messages, et c’est normal parce que pour la plupart notre peau “va bien”.

J’ai les tripes qui se sont serrées moi tu vois et y’a des fois où je sentais la sueur couler le long de ma colonne vertébrale à force de trop d’empathie, à force de réfléchir à tout un tas de trucs quand je lisais.

Parce que mine de rien même si tu cherches à l’enfouir tu sais très bien ce que ça fait de se dissocier de son corps et à quel point ça te fait complètement perdre les pédales, de pas avoir le contrôle de tout sur toi quand ton corps le décide.

Sciences de la vie est une réponse à tout ça, à la volonté de prendre le dessus sur ce réceptacle dans lequel on n’a pas choisi de naître, qui peut être notre meilleur copain comme notre pire ennemi. Un peu comme l’ambiguité entre le Joker et Batman parce que l’un n’existerait pas sans l’autre, en tout cas au niveau de la folie.

Ben là pareil.

Pow, c’te claque dans la tronche.

Vendu !

(et merci pour la tambouille dans le bide ma vieille)

Lou



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