Grâce à Dieu.

J’étais vraiment pas sûre d’aller voir ce film basé sur des faits réels de François Ozon vu comme la bande annonce m’avait secouée et faite pleurer. Puis, la curiosité, et mon amour pour Melvil Poupaud, même en papa catholique, m’ont un peu poussé à affronter la salle noire.

Dans la bande annonce, des larmes, des phrases choc, de la colère, de la violence familiale. Ces morceaux choisis m’avaient laissé sur le carreau, alors je suis partie avec mon paquet de mouchoirs, prête à affronter tout ça.

Finalement, c’est étrangement un film que j’ai trouvé plutôt calme en dépit du sujet difficile. Long aussi, mais pas long à s’ennuyer. On suit en glissant sans s’en apercevoir trois hommes adultes portant plainte, au début, contre un prêtre violeur pédophile, et enfin, contre l’église qui était au courant des faits et n’a jamais rien fait durant des décennies. Le procès a d’ailleurs eut lieu ce 7 mars 2019, ce qui a bien failli retarder la sortie du film.

Les portraits sont tristement réalistes, la violence est d’autant plus brute. Je ne vais pas vous en dire plus, il faut que vous ayez le plaisir de découvrir ces différentes vies, ces combats, cette énergie.

En fait, parfois, y’a pas besoin d’artifices pour taper juste et très fort. Parce qu’en vrai la réalité est pire que certains scénarios alambiqués.Je trouve qu’ici, François Ozon nous présente une vision douce amère de ces hommes et de leurs familles. Je l’imagine très proche de la réalité et de fait, je me suis sentie embarquée dans ces histoires comme s’ils étaient mes frères ou mes maris. Parfois, j’ai aussi eu la sensation d’être eux, de marcher dans leurs chaussures, et c’était pas franchement toujours confortable.

Pour moi, c’est une réussite sobre, glaciale et efficace. Nettement plus juste et sincère que la bande annonce qui me semble à posteriori plutôt racoleuse et provocante.

Ce qui est vraiment notable, c’est que ces dizaines de victimes ont eu un courage et une verve qui m’impressionne et que suite à leurs actions, la prescription des viols sur mineur est passée de 20 ans après la majorité, à 30 ans. Chapeau bas.
Et puis, pour le côté jurisprudence, c’est quand même grâce à Eux (et le système pénal bien sûr) que pour la première fois un cardinal est condamné à de la prison ferme.


Parce que c’est un film bien réalisé, et parce que c’est une histoire vraie, contemporaine et locale, je pense vraiment qu’il faut aller voir ce film. Ils ont eu besoin d’être écoutés et entendus.

Ecoutons.

La Bande-Annonce



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