L’ésotérisme, le cartésianisme et moi. (Part1)

Illustration : Bonny Kruegger

Je suis une personne extrêmement cartésienne, au-delà d’athée, je me targue même d’être antithéiste.
C’est en grande partie pour cela que j’ai longtemps mis de côté mon rapport à l’occulte et l’ésotérisme, incompatible avec ces pensées sérieuses et nihilistes qui étaient (et sont toujours) mes piliers.

Il y a bientôt deux ans, je me suis retrouvée à nouveau à me pencher vers ces univers qui m’avaient parlé lorsque j’étais adolescente, enfant même.

Mon expérience ne vaut pas pour les autres, je souhaite simplement partager mon voyage entre cartésianisme et occulte, en quoi en mon sens ces deux univers ne sont pas aussi incompatibles qu’ils peuvent en avoir l’air de prime abord.Comment et pourquoi ces deux mondes me rassurent.
Comment ils peuvent se mélanger.
Par quels biais je suis revenue vers l’occulte et quels sont désormais les domaines qui m’attirent le plus.

Part 1 / Prémices Avortés

Mes premiers souvenirs liés à la magie doivent être assez proches de ceux de pas mal d’enfants : je voulais absolument une baguette magique. Avant d’avoir dix ans, pendant plusieurs Noëls, j’ai demandé au père Noël, puisqu’il existait et relevait de la magie, une VRAIE baguette magique. C’était toujours en premier sur ma liste. La vie était déjà pénible, et je voulais la simplifier. J’ai rapidement compris que ça ne serait pas aussi facile, n’ayant jamais reçu la tant souhaitée véritable (soulignée trois fois) baguette magique.

Le père Noël n’existant finalement pas, (en) qui croire ? Les copains allaient quant à eux au catéchisme et parlaient d’un certain Jésus, et d’un dénommé « Dieu », j’étais quant à moi dans un flou certain concernant toutes ces choses mystiques puisqu’élevée dans un agnosticisme certain mais non verbalisé car quasiment honteux.

Peut-être, une autorité supérieure existait elle, et allait pouvoir répondre à mes demandes, mes attentes et mes espérances de compréhension du monde, et surtout, surtout oui, me faciliter la vie sur ce dernier. Après avoir questionné les parents sur « Dieu » et n’avoir obtenu aucune réponse satisfaisante « des choses peuvent laisser croire que dieu existe, d’autres non » (thanks dad…) j’ai décidé de m’adresser directement au concerné, et j’ai fait plusieurs prières pour avoir des cadeaux aux pieds de mon lit à mon réveil. Bon, je ne visais pas trop trop gros non plus, je voulais des cahiers neufs. J’ai défié « Dieu » de me prouver son existence en me délivrant les dits cahiers plusieurs nuits d’affilées les mains jointes, “pieusement”.
Pas de cahiers au pied du lit. Pas de dieu. J’ai dix ans et je ne crois plus aux instances supérieures.

Vers seize ans, débarque internet (ne me jugez pas je suis de seconde main je le sais), et avec celui-ci, le monde. Ou presque.
Ceux et celles qui ont eu internet au tout début se souviennent, savent, c’est nouveau, c’est le lieu de tous les possibles, mais il n’y a pas tant dessus, mais déjà bien assez pour moi. Absolument pas passionnée par les sites à sensation, je me retrouve avec un exemplaire que j’imprime d’un livre des Ombres mis en ligne sur un site obscur. Peut-être que Charmed m’a influencé, il faut resituer l’époque (ahem).

Je me souviens avoir précieusement imprimé le contenu et l’avoir rangé dans un classeur, entrepris de le lire, un chapitre par soir, c’est la genèse de la magie, des ombres. Je ne lis rien de très dérangeant, plutôt des guides, des interrogations, des réponses, pas question de formules ou rituels dans les premiers chapitres. Un chapitre par soir et des rêves plus abracadabrants les uns que les autres, nuits après nuits, chapitre après chapitre. Mon cartésianisme, présent mais fébrile à l’époque, en prend en coup, mes nuits sont sans repos, mes rêves confus me troublent. C’est vers cette période que je décide d’apprendre à me souvenir de mes rêves, étant frustrée de me réveiller mal sans me rappeler de la cause au bout d’une demi-seconde. Je reviendrai ultérieurement sur mes techniques si elles intéressent des personnes.

Au bout de plusieurs nuits désagréables et de mauvais rêves, je ferme mon classeur des ombres. Je le cache dans un coin de mon armoire, je décide de l’oublier, je recommence à dormir.

Je ne me suis pas penchée sur l’occulte durant plusieurs années après ça, pensant secrètement avoir été punie pour ma curiosité du magique.

(à suivre…)

 



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