L’ésotérisme, le cartésianisme et moi. (Part2)

Moins de cinq ans plus tard l’ésotérisme revient vers moi à travers une envie d’apprendre les cartes, le tarot divinatoire plus précisément.

Ça commence à être loin dans mes souvenirs. Je ne me rappelle plus précisément ce qui me pousse vers les cartes. Toujours est il que c’est la nouvelle obsession, et pour commencer, il faut des cartes.

À l’époque, je n’y connais rien, mais j’ai le luxe de vivre dans une ville où il y a une boutique ésotérique… clichée de toutes les boutiques ésotériques contemporaines, peu engageant de prime abord donc. J’ai été tournicoté un moment dans cette échoppe, en regardant tous les jeux de tarots et oracles qui s’offraient à moi.

La madame ne m’explique pas vraiment de quoi il retourne. Je ne connais à ce moment-là pas la différence entre ces différents « jeux ». Je les trouve kitsch, féeriques pour la plupart, ils ne me parlent pas trop.

On ne peut pas ouvrir les boites, les cartes ne devant être manipulées que par celui ou celle qui les adoptera, il faut donc choisir avec la boite simple, fermée. Mes yeux se posent sur Le Jeu. Il est classique et beau, des gravures anciennes italiennes. Je finis donc par repartir avec « Le Tarot Classique » (Gravures de Carlo Della Rocca, Milan 1835), 78 lames avec un petit livret d’explications pour tirer les cartes. Il me semble n’avoir jamais tiré avec ces cartes, le livret m’ayant déçu, trop concis, trop de choses à apprendre, trop de pression que je me mets seule. Une impatience certaine face à des situations nouvelles et des savoirs que je dois acquérir. Je reporte toujours au lendemain ce que je ne veux pas faire le jour même.

Le Tarot Classique – Gravures de Carlo Della Rocca – Milan 1835

Bien que l’on m’ait offert peu après un livre sur le tarot, ça n’est pas un livre « spécial » tarot classique de Carlo Della Rocca, je baisse rapidement les bras et repose mon jeu de cartes tant convoité.

Il faut s’avoir qu’à cette période, je suis étudiante en sociologie, ce qui me prend énormément de temps et de capacités mentales, et aussi… que j’ai vraiment tendance à me noyer dans une goutte d’eau.

J’étudie la socio-anthropologie des religions, ce qui me passionne. J’ai eu parmi mes cours la chance d’assister à ceux d’une professeur ethnologue qui nous a parlé de son étude sur les Guérisseurs « Au pays des Guérisseurs Médecine, Rebouteux, et Magnétiseurs » (  mais je suis une élève dissipée par moments, ne me jetez pas la pierre, Pierre !) et je ne m’intéresse pas assez à son travail. Je le regrette aujourd’hui. Je vais donc prendre le temps de me replonger dedans et de vous en parler dès que possible.

Toujours est-il que bien que la sociologie me passionne, me rassure même, me conforte grandement dans mon athéisme et mon cartésianisme. Je vois aussi par cet axe que l’occulte, les religions, sont très souvent au cœur de ces études scientifiques. Les religions et croyances sont bases de tous peuples, tous temps, tous lieux. C’est créateur au sens social, que l’on y croit ou non de manière individuelle. Les sociétés se sont construites et articulées autour des religions comme explications rassurantes de notre présence sur terre, comme réponses à nos questionnements. Ils restent des poids religieux très lourds sur nos sociétés actuelles, même celles supposées être « laïques » officiellement.

L’héritage judéo-chrétien en France est très lourd et inconscient dans beaucoup de situations. Il faut se battre très dur pour réussir à s’éloigner de cette pression et ces carcans. Il est donc totalement logique que les sociologues, anthropologues et ethnologues se penchent encore et toujours sur ces sujets.

Mon professeur de sociologie des religions avait, quant à lui, assisté à des cérémonies chamaniques en Amérique du Sud. Il m’avait donné le goût d’en savoir plus. Il nous racontait ça avec passion et recul intellectuel, les frontières étaient minces, j’étais captivée. Ma professeur ethnologue était moins accrochante, ce qui ne m’a pas aidé à entrer dans ses recherches. Cependant, je me souviens avec précision de son point final. Après plusieurs mois d’immersion pour son enquête sur les Guérisseurs, elle commençait à ne plus savoir distinguer ce qu’elle pensait être vrai de ce qu’elle pensait relever de croyances qu’elle venait observer originellement. Ce point-là m’avait passionné. Comment une personne scientifique, rationnelle, pouvait-elle, après plusieurs mois, années croire à ces « pouvoirs » magiques ?

L’occulte et moi en sommes restés là à ce moment. D’autant qu’avec mon histoire familiale, la religion est un sujet attraction-répulsion… En effet, je venais d’apprendre que la moitié de ma famille était dans une secte coréenne, secret bien gardé durant des années, expliquant partiellement l’agnosticisme tabou de notre petite branche familiale. Le sujet restait intéressant, mais je prenais mes distances avec ce dernier, trouvant à l’époque un réconfort plus sûr dans le cartésianisme pur et dur.

(à suivre…. encore….)



1 thought on “L’ésotérisme, le cartésianisme et moi. (Part2)”

  • J’ai jamais voulu toucher au tarot alors que ça m’attire. Suis pas religion du tout, pas non plus vraiment branché ésotérisme même si ça me parle beaucoup plus. Hâte d’en savoir plus sur ton expérience

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